Burkina Faso: Mystères autour du décès des 12 détenus à Tanwalbougou 

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Crédit photo: Lefaso.net Conférence de presse du procureur du Faso auprès du Tribunal de grande instance de Fada N’Gourma

Suite au décès des 12 détenus dans les locaux de la gendarmerie de Tanwalbougou, le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Fada N’Gourma, Judicaël Kadeba a animé une conférence de presse le mercredi 27 mai 2020. Il a livré les résultats de l’enquête portant sur les conditions du décès, et donné les raisons qui ont justifié l’absence d’autopsie sur les corps. 

Le décès des 12 détenus à la gendarmerie de Tanwalbougou, le 12 mai 2020 avait créé une vague d’indignation au sein de l’opinion nationale. Certains hommes politiques et organisations de défense des droits de l’homme tels que le député Aziz Diallo et le Collectif contre l’Impunité et la Stigmatisation des Communauté (CISC) avaient dénoncé les causes de décès de ces personnes.

On se rappelle que lors du discours du premier ministre, Christophe Marie Joseph Dabiré à l’Assemblée nationale sur la situation de la nation, le député Aziz Diallo affirmait que parmi les personnes décédées, il y avait son cousin qui « a été exécuté ».

Pourtant, lors de la conférence de presse animé par le Procureur, celui-ci affirmait en se fondant sur le rapport de constat qu’« aucune trace n’est visible sur les douze (12) corps ».

Il a ensuite fait noter que le certificat médical de l’infirmier chef de poste de Tanwalbougou datant du 18 mai 2020 mentionne que « l’examen physique révèle des corps inertes, rigides à la palpation, et qu’on ne note pas de lésions d’allures traumatiques sur les corps et qu’il n’a pas non plus observé des saignements sur les corps ».

Cependant, l’infirmier précise dans le certificat qu’au vue de ce constat, « il n’a aucun élément matériel pour préciser la cause exacte des décès ». Il conclut sur ce point, que « seule une autopsie pourrait permettre de situer les causes exactes ».

Des zones d’ombre à éclaircir 

Mais pourquoi n’y a-t-il pas eu d’autopsie et les corps ont été remis aux familles pour inhumation ?

Selon les explications du Procureur, les corps ont été transportés à la morgue du Centre hospitalier régional (CHR) de Fada le 12 mai 2020. Il avait été requis des médecins de procéder à « un examen plus approfondi des corps et envisager la réalisation d’une autopsie ».

A écouter le procureur, qui dit avoir été sur les lieux le 13 mai, l’autopsie n’a pas pu être réalisée parce que « les médecins requis ont fait le constat que les corps étaient en état de putréfaction et que dans ces conditions leurs examens ne pouvaient être fait ». Une situation due au fait que le CHR de Fada ne dispose pas de chambre froide.

Aux dires du procureur, l’enquête sur les treize (13) autres présumés se poursuive. Ces personnes seront remises en liberté si elles n’ont rien à avoir avec les faits pour lesquels elles ont été interpellées.

Il a terminé sa déclaration en faisant observer que si, à la fin des enquêtes, les faits reprochés aux 12 personnes décédées, sont qualifiés d’infraction pénale, ce sera au tribunal militaire de se charger du jugement de l’affaire. Et cela au regard des articles 35, 45 et 46 de la loi n°24-94/ADP modifiée par la loi n°44-201/AN portant code de justice militaire, car les faits se sont « déroulés dans un service ou établissement militaire ».  

 

 

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