Conflits de chefferie à Zoaga : Retour sur une «nuit des longs couteaux»

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Le conflit de chefferie intervenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2019 dans la commune rurale de Zoaga, région du Centre-Est a fait officiellement huit morts, cinq blessés et de nombreux dégâts matériels. 24 heures après le drame, Sidwaya est allé dans cette commune frontalière du Ghana pour constater et comprendre les raisons d’une telle crise qui oppose deux clans d’une même famille.

«Pour un chapeau»! Tels ont été les premiers mots d’un des confrères de la localité, pour dénoncer l’ampleur des dégâts à la suite de l’agression d’un clan d’une même famille sur un autre dans la nuit du dimanche 31 mars au lundi 1er avril 2019 à Zoaga, une commune rurale située à 17 km de celle de Zabré et frontalière au Ghana, dans la région du Centre-Est. Le bilan de ce conflit de chefferie a fait huit morts (certains brûlés) dont cinq femmes, un homme et deux enfants. Les blessés sont au nombre de cinq. Quant aux dégâts matériels, il s’agit des animaux abattus, des vivres, des maisons, des boutiques et des engins incendiés.

Ce mardi 2 avril 2019, soit 24 heures après le drame, le spectre de «la nuit des longs couteaux» plane toujours dans les esprits. A notre arrivée en ce milieu de matinée, Zoaga présente un visage d’une commune vidée de sa population.

Des boutiques clauses, des écoles et des lycées toujours fermés. Chez le chef coutumier de Zoaga, Naaba Tigré, l’ambiance est quelque peu morose avec des aller et retours de visiteurs pour présenter leurs condoléances. C’est d’ailleurs lui qui a perdu le plus de proches, notamment son fils, sa tante, son cousin, la femme, les enfants et la mère du cousin. Selon les informations recoupées auprès du chef et d’autres personnes du village, dans la nuit du dimanche 31 mars, jour du marché de Zoaga, aux environs de 20 heures, un grand vent, accompagné d’une fine pluie a obligé les habitants à se «terrer» dans leurs maisons. Un groupe de personnes venu du Ghana, à en croire

Dominique Waré, a encerclé la concession familiale du chef, Naaba Tigré.

Vincent Waré, le leader

Pour lui, il s’agissait bel et bien des dissidents de la famille royale dont le leader est Vincent Waré. «C’est un grand coup de fusil qui a annoncé leur arrivée. Quand j’ai su que c’était eux, je suis allé me réfugier dans les buissons pas très loin de la maison, puisqu’ils nous avaient prévenus qu’ils allaient revenir. Je les observais en train de tuer les gens, brûler les maisons et tout ce qui semblait important à leurs yeux», raconte-t-il. Dans cette folie meurtrière, les femmes ont été les plus traumatisées. «Quand ils sont entrés dans ma maison, un d’entre eux a pointé une arme sur ma poitrine. Ils m’ont demandé où est mon mari parce qu’ils sont venus pour le tuer. Ils m’ont fait sortir dans l’obscurité, puis ils se sont mis à tirer dans la maison. Pour ma propre sécurité, j’ai décidé de rejoindre ma famille», révèle Josiane Souga, une ménagère. Une dame de l’administration publique dont nous préférons taire le nom et la profession a été sérieusement violentée avec son bébé de sept mois et un garçon de neuf ans abattu par balle.

Lire la suite ici   : La nuit des longs couteaux

La chefferie de Zoaga

De notre petite enquête concernant la chefferie de Zoaga, il ressort que le trône de la localité avait été prêté au clan de Vincent Waré à la mort du chef de Zoaga. La raison, celui qui devait succéder au chef était un écolier donc, ne pouvait pas gérer le trône. La famille a décidé de confier ce pouvoir à l’autre camp. Celui qui a pris la chefferie, selon nos sources, a eu des démêlés avec les autorités si bien qu’il a été enfermé. La chefferie est revenue au lieu initial. Elle a été gérée par le père de Naaba Tigré pendant 48 ans. Après la mort du père, la famille a décidé de confier les rênes du pouvoir de Zoaga à l’actuel chef. Ce qui n’a pas été du goût du clan de Vincent Waré. Puis, s’en sont suivis des conflits jusqu’à la nuit du 31 mars au 1er avril.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO
Pathnema@gmail.com

Sidwaya

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