Une maladie mystérieuse inquiète dans le cercle de Douentza au Mali

La crise sécuritaire au centre du Mali a occasionné, au mois d’août dernier, une maladie peu connue des services de santé. Plus de 220 cas ont été détectés avec 35 décès. L’armée a été dépêchée pour évacuer les patients et porter assistance aux populations prises au piège.

Le cercle de Douentza est situé dans la  région de Mopti. A l’image de toutes les autres localités du centre du Mali, il est au cœur d’un conflit sécuritaire qui sévit au mali depuis plusieurs années. Ici, une importante partie de la population est assiégée, craignant les attaques perpétuelles et répétées d’individus armés non identifiés. Les déplacements sont quasi impossibles. Plusieurs personnes y sont décédées ou sont portées disparues suite aux conflits récurrents.

C’est dans cette situation de blocus, qu’une maladie mystérieuse s’est déclarée. A la date du 3 août dernier, 223 cas ont été enregistrés avec 35 décès selon le Dr Abdrahmane Coulibaly de la Direction régionale de la santé de Mopti.

C’est le village de Dounan qui a été le plus touché avec 161 cas pour 20 décès, suivi de Teguéla 43 cas pour 9 décès. Gnagassadiou est le moins touché avec 20 cas pour 6 décès. Face à cette situation sanitaire alarmante, les responsables de la santé ont dépêché une mission d’investigation afin de déterminer les causes réelles de cette pathologie inhabituelle. Le constat a révélé que les patients présentent des signes d’affaiblissement, de malnutrition, d’anorexie, d’astomie et d’affection de la bouche avec parfois d’hémorragie. Toutefois, la mission a écarté toute épidémie de maladie contagieuse.

Cette situation est prise au sérieux par les autorités. C’est pourquoi, les forces armées et de sécurité ont été dépêchées sur les lieux. Elles ont eu pour mission principale d’évacuer, dans un premier temps, les malades au centre de santé de Mondoro ; ravitailler les villages en vivres ; lever le blocus imposé et d’assister le corps médical. Ce dispositif ainsi mis en place a permis de maîtriser la situation.

Dans cette partie du pays, nombreuses sont les populations qui ne peuvent plus accéder aux foires hebdomadaires, aux pâturages, aux champs de culture, ce qui paralyse leurs activités socio-économiques. Elles sont, du coup, exposées à des situations de précarité sanitaires et économiques. Pour éviter de telles circonstances, les populations invitent les forces armées à intensifier les patrouilles entre les villages, afin que les populations puissent vaquer à leurs occupations et vivre en toute tranquillité. En termes de sensibilisation, les radios de proximité et autres hommes de médias peuvent être mis à profit, pour véhiculer la bonne information.

Adama Djimdé ORTM (Mali)

 

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