Des réfugiés en détresse     

La multiplication des foyers de tension ces dernières semaines à la frontière Mali-Burkina Faso, a provoqué le déplacement massif des populations. Sur place, si certains réfugiés manquent de tout, d’autres par contre ont bénéficié de l’aide humanitaire de l’ONU. Dans tous les cas, l’assistance s’organise pour tous.

 Gossi est une localité frontalière du Burkina Faso au nord du Mali. En cette période de mi-mars, les conditions climatiques sont difficiles. La ville et ses environs  reçoivent un flux massif de populations vulnérables en provenance du Burkina  et d’autres zones de Mali. Certains réfugiés burkinabè exhibent les cartes consulaires ou cartes d’électeurs pour décliner leur identité. Ils sont environ 4000 installés à Gossi, les femmes, les hommes, les enfants et vieillards qui n’attendent que l’assistance humanitaire.

La coordination des organisations humanitaires de l’ONU à travers le PAM (Programme Alimentaire Mondiale) a mobilisé dans des entrepôts  près de 150 tonnes de vivres composés de céréale, d’huile et de sucre. Une employée de l’ONG distribue des coupons de livraison aux femmes aux visages voilés, assisses sur des nattes. Les hommes attendent par petits groupes leur tour à l’ombre des arbres. Plus loin d’autres sont en charrettes transportant leurs provisions. Visiblement, ce premier lot de réfugiés est joyeux. Koina Ag Housseiny, un des bénéficiaires, s’estime heureux : « je viens d’arriver, c’est une bonne chose que nous soyons accueillis avec un don. Cela va beaucoup contribuer à l’amélioration de nos conditions de vie ».

Ici, trois catégories de personnes cohabitent : les réfugiés, les rapatriés et les familles d’accueil. Bon nombre d’entres eux ont fui la bande frontalière avec l’insécurité résiduelle. Le chef de bureau de la Mission multidimensionnelle pour la stabilité au Mali (MINUSMA) Ricardo MAYA appréhende toute la délicatesse de la situation : « Pour nous, il est important de mesurer la taille du problème. Les Nations unies sont déjà activées  et  la machine est déjà en route et on peut apprécier facilement les conditions de vie très difficiles. C’est à ça qu’il faut pallier urgemment. L’ONU fera sa part, mais il faut que les autres acteurs joignent leurs forces ».

Autre site Zigar : un camp de réfugiés situé à 10 km de Gossi. Ici, les conditions de vie sont extrêmement difficiles. Les abris de fortune sont en peau ou en paille, sous lesquels se trouvent des femmes et enfants sur des nattes et souvent à même le sol. L’homme et le bétail se partagent l’eau jaunâtre d’une marre située à quelques mètres du site. Le sort des dizaines d’enfants, qui se promènent entre les cases, semble scellé devant la précarité des conditions d’existence. Le seul espoir est l’aide humanitaire qui tarde à y arriver, contrairement à Gossi. Mr DICKO est un handicapé physique, teint noir, taille moyenne, un turban sur la tête. Il explique : «  Mes frères qui ont quitté pour aller au Burkina (Faso), ce sont eux qui m’ont rejoint. Je n’ai rien pour porter assistance à qui que ce soit. On a tellement de problème ici que je ne peux vous expliquer. Nous n’avons pas d’eau potable ici. C’est l’eau que les animaux boivent que nous buvons. Ils nous ont promis qu’ils vont amener ceci- cela. Sans suite. Nous sommes fatigués de cette promesse». Selon le représentant de l’Etat sur place, l’arrivée des vivres ne saurait encore tarder.

À Gossi tout comme à Ziga, la situation exige une intervention massive et urgente compte tenue de la détresse des populations qui manquent de tout. Pour ce faire, l’Etat malien doit restaurer la paix dans cette partie du pays. Il doit également s’impliquer davantage afin d’assurer à ces populations des abris, de l’eau saine et de la nourriture.

Adama DJIMDE

ORTM-TOMBOUCTOU

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