Réinsertion des ex-combattants au Mali : environ 15 milliards de Francs CFA mobilisés

Le projet de réinsertion des ex-combattants au Mali a été  lancé le jeudi 02 Novembre 2017 à Bamako, par la commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. L’objectif du DDR est de contribuer à créer un environnement sécuritaire favorable à la réinsertion socio-économique des ex-combattants. Sur ce volet, les besoins sont évalués à 50 millions USD, soit 30 milliards de FCFA. Pour l’heure, environ 15 milliards  de francs CFA ont déjà été mobilisés pour la réinsertion de 4000 ex-combattants sur 10 000 recensés.

Pour Zahabi Ould Sidi Mohamed, président de la commission nationale de DDR, tous les moyens sont là pour commencer la réinsertion des ex-combattants. « La banque a accepté de soutenir l’effort du Mali en mettant à sa disposition ce don de 15 millions de dollars. L’État aussi a dégagé sur le budget national 10 millions de dollars pour que nous puissions commencer. L’approche aussi qu’on a voulu privilégier qui est conforme à l’accord de paix, c’est une approche du DDR,  une approche régionale. C’est à-dire qu’on n’a pas besoin d’attendre que tout le monde soit près. Si une région est prête…, puisqu’on a des fichiers biométriques qui évitent le double emploi, et que les critères sont connus. Il y a tout de suite un potentiel de 4000 places pour l’intégration dans les activités de la société civile qui sont prêtes. Donc tout ceci mis en place doit améliorer positivement la situation sécuritaire dans les régions », a affirmé M. Zahabi.

Le volet désarmement et démobilisation est géré directement par la Minusma. A la date d’aujourd’hui, elle a financé la réalisation de 8 sites de cantonnement sur les 24 prévus.

Selon Attaye Ag Mohamed, membre de la CMA, ce lancement est une avancée très significative. « Nous avons assisté à une avancée aussi rassurante et qui pour nous constitue une manière d’interpeller l’ensemble des membres de notre commission à être présent dans le processus. Mais aussi à pouvoir lancer un plaidoyer efficace auprès des partenaires. Ceci est une grande étape que nous saluons. Pour nous, c’est un soulagement. C’est un début fort », a indiqué M. Attaye.

Quant aux membres de la Plateforme (Gatia), eux, pensent qu’il faut cantonner d’abord les ex-combattants  avant de les réinsérer.  Pour Mohamed Issouf Ag Alass, membre de la plateforme, ce lancement  est beaucoup attendu : « Le DDR, c’est démobilisation réinsertion mais je dis cantonnement d’abord. Pour démobiliser, pour désarmer, pour réinsérer il faut cantonner d’abord. Le cantonnement est la condition pour la sécurité dans les zones d’insécurité. C’est à partir de ce cantonnement qu’il y aura désarmement, qu’il y aura démobilisation, qu’il y aura réinsertion. Si on pense qu’on peut désarmer, démobiliser, réinsérer sans cantonner, nous pensons que ce n’est pas le cas », a souligné M. Mohamed.

Le programme DDR bénéficie aujourd’hui, d’importants atouts pour démarrer. Un financement disponible pour le  démarrage du désarmement et la démobilisation pour 6000 ex-combattants, et pour la réinsertion de 4000 ex-combattants. Ce financement est composé de 25 millions de dollars pour les activités de réinsertion et de 21 millions de dollars pour les activités de démobilisation et désarmement.

Hawa K. Berthé 

Mali

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