Des obscurantistes mettent en péril l’éducation dans le Nord Burkina

Le Nord Burkina est en proie à des attaques terroristes au point de mettre en mal le système éducatif. S’achemine-t-on vers la fermeture des écoles de cette partie du pays ?

 

La récurrence des attaques terroristes dans les régions du Nord et du Sahel du Burkina Faso, tend à confirmer que les velléités d’asseoir une‟Katiba″ islamistes dans ces localités ne font plus l’objet de doute.

En effet, depuis le dernier trimestre de 2016 à mars 2017, environ six mois, le pays des Hommes intègres déplore des morts et des dégâts matériels, plongeant la population dans la désolation. A titre d’exemples, en octobre 2016, un détachement militaire à Intangom, dans la province de l’Oudalan a été attaqué ; le bilan est lourd : quatre soldats et de deux civils tués.

Le 16 décembre 2016, un détachement du Groupement des forces anti-terroristes (GFAT) subit une attaque à Nassoumbou à 45 kilomètres de Djibo, causant la mort de 12 soldats. Le 4 février 2017, le conseiller municipal du village de Soboulé dans la province du Soum Abdoulaye Dicko, et son fils sont abattus à Yorsala, un village situé à 45 kilomètres de la commune de Titao, dans la région du Nord. Les assaillants ont dans leur folie meurtrière, blessé un enfant de cinq ans du même conseiller.

Dans le même mois, les commissariats et les mairies de trois communes, Baraboulé, Tongomayel et Diguel ont été attaqués : un civil blessé, des motos et des bâtiments incendiés. Le rubicond de ces attaques a été franchi le vendredi 3 mars, avec l’assassinat du directeur de l’école primaire de Kourfayel, Salifou Badini et d’un citoyen dans le Soum dans l’enceinte de l’école. L’on signale également l’incendie d’une école sous paillotte à Baraboulé dans la même province, dans la nuit du 14 mars. Même si les témoignages ne sont pas formels sur l’origine terroriste de cette dernière attaque, tout porte à croire qu’elle est le fait d’individus hostiles au système éducatif de l’Etat.

Plus grave, ces attaques ont porté un coup dur au monde éducatif au point que les enseignants ont préféré déserter leurs postes d’affectation. A l’analyse, c’est le droit à l’éducation formelle qui est remis en cause dans ces contrées du Burkina Faso et, l’on est en droit de s’interroger sur l’avenir de ces enfants avec la fermeture de ces écoles. La partie septentrionale du pays est-elle en train d’échapper au contrôle de l’Etat de façon générale? On est tenté de répondre par l’affirmative au regard de la situation qui y prévaut.

Sauver l’école!

En effet, pendant que les autorités déploient des énergies pour augmenter davantage le taux brut de scolarisation qui est actuellement de 53% dans la région du Sahel selon les statistiques de 2015, ces terroristes tentent par tous les moyens mêmes des plus barbares pour remettre en cause cette éducation universelle. En plus d’endeuiller les familles par des assassinats, ils achèvent d’installer la psychose en leur sein.

Le ministre de l’Education nationale, Jean Martin Coulibaly s’entretenant avec les élèves du primaire au cours d’une de ses visites à Nassoumbou. Ph. Sidwaya

La réponse idoine à cet état de ‟mal être″, il est que l’Etat s’assume en toute responsabilité ; il est de son rôle régalien de sécuriser l’ensemble du territoire national et de protéger les personnes et les biens. Ce rôle régalien doit se traduire par la mise en œuvre d’une véritable  politique efficace de lutte contre le terrorisme et toutes les autres formes d’extrémisme violent.

Dans le moyen et dans le long terme, il va falloir concevoir et appliquer une politique de développement harmonieux et équitable de l’ensemble des régions du Burkina, à l’effet de dissiper chez les populations tout sentiment d’abandon ou de délaissement, une fois la sécurisation rétablie.

 Paténéma Oumar OUEDRAOGO

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