Le Niger panse ses plaies après les événements de Charlie Hebdo

Secoué dans ses valeurs de tolérance par deux jours de violences contre La communauté chrétienne, le Niger tente de se réconcilier avec lui-même en pansant  des plaies encore béantes.

Les folles émeutes contre les chrétiens du Niger se sont arrêtées. Mais dans les principales villes du pays, les stigmates sont encore là pour rappeler l’ampleur de la violence qui a fait au moins 10 morts et brûlé une cinquantaines d’églises. Comment en est-on arrivé là ? Comment redonner confiance aux Chrétiens du Niger ? Que faire pour que de tels événements ne puissent plus avoir lieu ? Des citoyens donnent des pistes de solutions exploitables par le pouvoir public.

Pascal (Ndlr : nom d’emprunt), un père de famille chrétien reste tout de même confiant : « Pendant les événements, ce sont des familles musulmanes qui nous ont protégés. Nous avons trouvé refuge dans des foyers musulmans qui nous ont donné le gite et le couvert. Et vous savez ce sont des musulmans qui ont empêché à ce que certaines églises de quartiers soient brulés. Cela nous redonne confiance ».

Daouda est un de confession musulmane. Pour ce mécanicien vivant à Niamey, les esprits sont aujourd’hui apaisés. « Les autorités religieuses, les structures associatives ont mis les bouchées doubles pour calmer la situation et appeler à respecter l’esprit de tolérance qui a toujours été reconnu au peuple nigérien. Les prêcheurs intégristes qui ont multiplié les prêches teintés d’intolérance depuis plusieurs années, font aujourd’hui profil bas. Les imams modérés ont aujourd’hui le vent en poupe. »

Alors que les jeunes tenaient les premiers rôles dans les actes de vandalisme contre les chrétiens, le Président du Conseil national de la jeunesse  (CNJ), Aliou Oumarou a pour sa part, appelé les jeunes à ne plus se laisser manipuler.

L’État nigérien a promis reconstruire les lieux de cultes détruits. Des rencontres ont eu lieu entre les leaders chrétiens et musulmans. L’heure est à la paix des cœurs et des esprits. Le Niger est en train de retrouver son image de pays de paix et de tolérance. Les plaies sont en train d’être pansées. Les leçons ont visiblement été apprises afin que les erreurs de langage qui ont mis le feu aux poudres ne puissent plus avoir lieu.

Pour l’heure l’urgence est de confondre les personnes prises en flagrant délit d’acte de vandalisme, mais également mener des campagnes de sensibilisation contre l’intolérance religieuse. Les sourires reviennent petit à petit.

Lire l’élément sonore ici:

Garé Amadou

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